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Avance à une filiale déficitaire : une créance requalifiée en aide non déductible
Le Conseil d’État précise que lorsqu’une société accorde à une filiale une avance sans intention d’en obtenir le remboursement, celle-ci doit être qualifiée d’aide. Dans ce cas, aucune déduction n’est possible, que ce soit immédiatement en charge, ultérieurement en perte ou par le biais d’une provision.
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Compte courant d’associé : quelles conditions pour éviter la qualification d’avantage occulte ?
Les flux de trésorerie entre sociétés via des comptes courants d’associés sont fréquents. Mais en cas de contrôle, l’administration peut les requalifier en avantages occultes imposables. Le Conseil d’État précise dans quelles conditions ces avances restent sécurisées, même sans convention de trésorerie.
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Quelles entreprises peuvent demander à bénéficier de l’activité partielle en raison de la guerre au Moyen-Orient ?
Le ministère du travail a émis ses recommandations auprès des directions départementales de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS) afin d’harmoniser l’instruction des demandes d’activité partielle déposées par les entreprises en raison des perturbations sur leurs activités qu’engendre le conflit au Moyen-Orient.
Fruits et légumes : le décret sur l’emballage plastique annulé
Le décret interdisant de vendre des fruits et légumes sous emballage plastique a été annulé par le Conseil d’État à la demande de deux syndicats professionnels.
En application de la loi du 10-2-2020 dite « loi Agec » (anti-gaspillage), un décret 2023-478 du 20-6-2023 interdisait aux commerces de détail, depuis le 1-7-2023, la vente au détail de fruits et légumes frais non transformés (c'est-à-dire des fruits et légumes vendus à l'état brut ou ayant subi une préparation telle que le nettoyage, le parage, l'égouttage ou le séchage) dans un emballage plastique, sauf lorsqu’ils étaient conditionnés par lots de 1,5 kg ou plus ou pour certains fruits et légumes dont la vente en vrac présentait un risque de détérioration. Les producteurs bénéficiaient d’une période transitoire allant jusqu’au 31-12-2023 pour écouler leurs stocks d’emballages plastiques pour les fruits et légumes ne bénéficiant pas de l’exemption.
Le Conseil d’État a annulé ce décret, estimant qu’il était entaché d’un vice substantiel. La Commission européenne, à qui le projet de décret avait été transmis, avait en effet demandé à la France de reporter au 15-12-2023 l’adoption de ce décret car un règlement européen prévoyant des restrictions spécifiques à l’utilisation de certaines formes d’emballages inutiles était en cours de négociation.
Le décret ayant été adopté et publié en juin 2023, malgré la demande de la Commission européenne, le Conseil d’État a estimé que ce texte était entaché d’un vice substantiel (publication prématurée) justifiant son annulation, peu importe que l’écoulement des stocks d’emballage plastique ait été prévu jusqu’au 31-12-2023.
La France, si elle souhaite prendre un nouveau décret, devra le notifier au préalable à la Commission européenne et respecter les délais imposés par le droit de l’Union européenne avant de le publier.
CE 8-11-2024 n° 475669
© Lefebvre Dalloz