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Absence de transfert automatique du contrat de distribution et de la licence de marque en cas de cession du fonds de commerce
Sauf stipulation contraire, la cession d’un fonds de commerce emporte transfert des droits sur la marque mais non celui du contrat de distribution des produits marqués. Lorsque la licence de marque est indivisible de ce contrat de distribution, cette licence n’est pas davantage transmise automatiquement au cessionnaire du fonds.
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Agir en référé lorsque le gérant d’une SARL s’est versé une rémunération non autorisée : c’est possible
Lorsque le gérant d’une SARL s’est versé une rémunération sans qu’elle soit fixée par les statuts ou décidée par les associés, la société peut obtenir en référé le paiement d’une provision et l’interdiction faite à l’intéressé de s’octroyer d’autres rémunérations non autorisées.
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CFE : plafonds d'exonérations temporaires pour 2026 dans les QPPV et ZFU-TE
Le plafond d’exonération temporaire de CFE est porté à 91 826 € en ZFU-TE et pour les activités commerciales en QPPV pour 2026, tandis que le plafond applicable aux créations ou extensions en QPPV reste fixé à 33 637 €.
Transmission d’une EARL
Le bénéfice de l’exonération d’impôt des plus-values professionnelles réalisée lors de la transmission d'une branche complète d'activité n’exige pas le transfert en pleine propriété de tous les éléments essentiels à son exploitation
La plus-value réalisée lors de de transmission d’une entreprise individuelle ou d’une branche complète d’activité n'est exonérée d’impôt que si la branche d'activité peut faire l'objet d'une exploitation autonome chez le cédant comme chez le cessionnaire et si la transmission de cette branche d'activité opère un transfert complet des éléments essentiels de cette activité tels qu'ils existaient dans le patrimoine du cédant et permet au cessionnaire de disposer durablement de tous ces éléments (CGI art. 238 quindecies).
Un exploitant agricole avait liquidé son exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) soumise à l’IR dont il était l’associé unique et cédé le matériel agricole de son entreprise à son fils qui exploite également une EARL et avait conservé dans son patrimoine privé la propriété des bâtiments d'exploitation de l'entreprise cédante (serres, local de chaufferie, local de stockage et un hangar). Il avait cependant loué à ses bâtiments d’exploitation à son fils qui les avait mis à disposition de son EARL pour son exploitation. L’exploitant agricole cédant avait appliqué le régime d’exonération de la plus-value réalisée lors de la cession du matériel agricole au titre de la transmission d’une branche complète d’activité
Suite à une vérification de comptabilité de l’EARL cédante, l'administration fiscale avait remis en cause le bénéfice du régime d'exonération d’impôt de la plus-value professionnelle réalisée par l’exploitant cédant au titre de la cession à son fils du matériel agricole de son EARL au motif que l’EARL cédante n'avait pas transféré à l'EARL cessionnaire l'ensemble des éléments essentiels (notamment les bâtiments d’exploitation) à la poursuite de l'exercice de l'activité agricole et que donc la transmission ne portait pas sur une branche complète et autonome d'activité. Les juges ont suivi l’analyse de l’administration et refusé l’application de l’exonération d’impôt à cette plus-value.
Mais le Conseil d’État a censuré la décision des juges et déclaré que l’absence d'apport en pleine propriété d'immeubles ne fait pas obstacle à ce que le transfert soit complet dès lors qu'il garantit à son bénéficiaire, pour une durée suffisante au regard de la nature de l'activité transmise, le libre usage de ces immeubles aux fins de l'exploitation de cette activité.
Les juges auraient donc dû vérifier si le fait de louer les bâtiments d’exploitation à son fils, exploitant et associé unique d’une EARL qui les avait lui-même mis à la disposition de celle-ci, garantissaient à l'EARL cessionnaire, pour une durée suffisante au regard de la nature de l'activité transmise, le libre usage de ces immeubles pour l'exploitation de son activité.
Source : Conseil d’État 8 décembre 2017, n° 407128
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