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Avance à une filiale déficitaire : une créance requalifiée en aide non déductible
Le Conseil d’État précise que lorsqu’une société accorde à une filiale une avance sans intention d’en obtenir le remboursement, celle-ci doit être qualifiée d’aide. Dans ce cas, aucune déduction n’est possible, que ce soit immédiatement en charge, ultérieurement en perte ou par le biais d’une provision.
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Compte courant d’associé : quelles conditions pour éviter la qualification d’avantage occulte ?
Les flux de trésorerie entre sociétés via des comptes courants d’associés sont fréquents. Mais en cas de contrôle, l’administration peut les requalifier en avantages occultes imposables. Le Conseil d’État précise dans quelles conditions ces avances restent sécurisées, même sans convention de trésorerie.
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Quelles entreprises peuvent demander à bénéficier de l’activité partielle en raison de la guerre au Moyen-Orient ?
Le ministère du travail a émis ses recommandations auprès des directions départementales de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS) afin d’harmoniser l’instruction des demandes d’activité partielle déposées par les entreprises en raison des perturbations sur leurs activités qu’engendre le conflit au Moyen-Orient.
Déplacements professionnels du dirigeant et indemnités kilométriques : double emploi avec un véhicule de société ?
Pour effectuer ses déplacements professionnels, un dirigeant peut utiliser son véhicule personnel et se faire rembourser les frais kilométriques par la société, ces remboursements n’étant pas imposables pour lui et déductibles pour elle. En revanche, l’administration refusera leur déduction s’il ne les justifie pas précisément et si la société possède par ailleurs un véhicule de société.
L’utilisation d’un véhicule de société...
Un amortissement déductible du résultat, mais limité. Une société peut acquérir ou louer un véhicule de tourisme. Dans ce cas, les amortissements du véhicule si celui-ci est acheté ou les loyers versés en cas de location ou crédit-bail ne sont déductibles qu’à hauteur d’un certain montant, fixé à 30 000 €, 20 300 €, 18 300 € ou 9 900 € en fonction de son taux d’émission de CO².
Les autres frais intégralement déductibles. Les dépenses courantes du véhicule (carburant, réparations et entretien, primes d’assurance…) sont déductibles en totalité.
Une TVA non récupérable. La TVA payée sur l’acquisition ou la location d’un véhicule de société ne peut pas être récupérée. Il en est de même pour la TVA relative aux dépenses de réparation et d’entretien de ce véhicule. La TVA grevant le carburant est toutefois récupérable à hauteur de 80 %, et celle sur le GPL et l’électricité est déductible en totalité.
Et des taxes non déductibles. Les véhicules de tourisme affectés à des fins économiques sont soumis à deux taxes annuelles. Ces taxes ne sont pas déductibles du résultat.
Un avantage en nature en cas d’utilisation privée. Si le dirigeant utilise le véhicule de sa société à des fins privées, il bénéficie d’un avantage en nature soumis aux cotisations sociales et imposable à l’impôt sur le revenu.
... ou d’un véhicule personnel
Des remboursements de frais non imposables… Le dirigeant peut se faire rembourser les sommes engagées avec son véhicule personnel, soit sur la base du coût réel, soit en utilisant le barème forfaitaire kilométrique de l’administration fiscale. Ces remboursements ne sont pas imposables à l’impôt sur le revenu.
… et déductibles des résultats de la société. Ces dépenses sont par ailleurs déductibles du résultat de la société (à condition d’être justifiées).
Les deux ?
Un double emploi refusé par l’administration... Dans une affaire jugée récemment, le juge a donné raison à l’administration d’avoir réintégré les indemnités kilométriques versées par une société à son dirigeant pour ses déplacements professionnels effectués avec son véhicule personnel considérant que l’utilisation de son véhicule personnel faisait double emploi avec l’acquisition d’un véhicule par la société.
... et par le juge. Le juge constate que ce véhicule de société, qui n’aurait été utilisé que ponctuellement par les salariés, a effectivement parcouru 35 000 km en 2013. Néanmoins, si le dirigeant soutient qu’il n’était que rarement utilisé et aurait parcouru moins de 10 000 km en 2014, justifiant ainsi de l’utilisation de son véhicule personnel, il ne verse au dossier aucune pièce permettant d’établir l’effectivité de l’utilisation de son véhicule personnel dans le cadre des déplacements professionnels allégués ou l’engagement de frais justifiant les remboursements effectués à hauteur de 120 000 km par an.
CAA Paris 10-1-2025 n° 23PA01359
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